«Des amis qui tiennent un salon de coiffure à Tokyo m'ont demandé de faire une série de portraits de Julia. On s'est poussés dans l'ouest du Massachusetts et on est restés dans une vieille grange près d'un lac, puis on est retournés en ville et on allait sans cesse d'un endroit à l'autre, en explorant et en prenant des photos. On est allés au zoo, puis on a glandé avec des vieux et leur chat à Central Park. Après, on a acheté des cheeseburgers dans un spot à burgers secret au Parker Meridien. L'endroit le plus fou où on a atterri, c'est le toit d'un immense immeuble qui donne sur le parc. Le ciel était parfaitement bleu. J'ai intitulé cette série de photos Mystic Heather et Virgin Snow, en référence aux couleurs de chez Manic Panic qu'on a mélangées pour donner aux cheveux de Julia cette couleur violette incroyable.»
En 1989, Gavin Watson est passé du statut de «pro de la culture skinhead» à celui de «seul gars au monde capable d’utiliser un appareil photo dans le nuage de E qui a enveloppé l’Angleterre cette année-là». On a parlé à Gavin de cette époque bénie où tu pouvais danser toute la nuit avec une seule pilule, et des photos qu’il avait prises et qui sont rassemblées dans son nouveau livre, Raving '89.
On chiâle parce qu'il fait chaud et que l'humidité fait friser nos cheveux, on chiâle parce qu'il pleut et que notre mascara coule. On chiâle parce qu'on a mal à la tête après avoir fini une bouteille de gin la veille, on chiâle parce qu'on n'a plus une cenne pour se payer un verre. Vive l'été indien. Une belle journée où il faisait trop froid le matin et trop chaud l'après-midi, je suis allée fouiller dans les garde-robes bien garnies de mes copines, et, après avoir recruté une jeune demoiselle aux yeux couleur de glace et pleine de freckles, on est allés jouer dans un champs où le soleil nous faisait mal aux yeux, les roches entraient dans nos sandales et les criquets dans nos bobettes.
J'ai entendu bien des histoires sur la vie des gens qui vivent sur l'île la plus au nord du Japon, Hokkaido. Cette dernière est tout aussi longue que l'Angleterre et correspond au quart de la superficie des terres du Japon, mais on n'y retrouve que 5% de sa population. Avec ses histoires de colonisation, de répression ethnique, de menaces venues de la Russie et ses goulags japonais de l'ère Meiji, ça semblait être pour moi l'ultime frontière du Japon. J'ai donc réservé un vol vers Hakodate, le port à l'extrême sud d'Hokkaido, loué une voiture et entrepris la route vers le nord. Sur mon chemin, j'ai rencontré des adeptes de la manipulation d'outils électriques, des poteux qui font des sculptures de bois érotiques, des bikers en manque et une quantité apocalyptique de bâtiments abandonnés. J'ai aussi failli me faire kidnapper par des marins russes.
Le photographe de Vice US, Ben Rayner, a récemment eu l'idée de faire la séance de mode la plus sombre de tous les temps avec les vêtements les plus noirs ayant jamais été créés. Pour se faire, il a choisi une jeune fille pure à la peau laiteuse qui n'est pas sans rappeler les meilleurs moments de la mythologie scandinave médiévale. Elle est très jolie. Suivez les pérégrinations saines de cette âme juvénile, dans la rue, dans les herbes, ou devant un buisson. Finalement, c'est pas si sombre que ça.
Notre numéro Photo est sorti cette semaine, alors pour célébrer tout ça, on a décidé de faire un genre de lancement/party à la Galerie Emporium ce jeudi. C'est un 7 à 11, comme une version plus l'fun d'un 5 à 7. On exposera en particulier les photos de Dana Goldstein et Jamie Taete, deux photographes dont on est tombés amoureux cette année. Sérieusement, Jamie Taete est non seulement la personne la plus cute de la terre, mais il est tellement en mode fusionnel avec le star système qu'il s'est fait rebaptiser officiellement Jamie Lee Curtis Taete. Comment ne pas l'aimer. Si vous appréciez moyennement Terry Richardson et Ryan McGingley, y a des chances que Jamie et Dana vous blowent le mind. Et arrivez de bonne heure, parce qu'il va y avoir du monde à messe.
On se moque souvent à juste titre de la mode italienne, mais n'empêche que, là-bas, ils regorgent d'idées cool quand il s'agit de faire des fashion shoots un peu mongols. Notamment mettre en image des chats volants se livrant une guerre sans pitié, le bien contre le mal. Le chat rouge représente le mal. Le gris représente le bien. Et comme d'habitude, c'est le gentil qui gagne et tout finit bien.
À la fin des années 70, à San Zhi, au nord de Taïwan, des édifices destinés à devenir de futurs HLM pour les ouvriers souhaitant quitter la ville limitrophe de Taipei ont été bâtis. Cependant, au début des 80, alors que les constructions semblaient être terminées, les propriétaires du site ont décidé d'arrêter le projet parce que plein de gens qui travaillaient là-dedans s'étaient tués en construisant le lieu. Depuis, les Taïwanais, jamais avares en superstitions, pensent que le site est hanté.
Bon bon bon, nos collègues de France sont devenus un peu trop esthètes à notre goût. "On aime bien la chef de pupitre photo de Vice Italie, Lele Saveri, mais on est pas sûr d'aimer cette série de photos." C'est pas ça qu'on est supposés aimer ici, les filles légèrement vêtues, pas maquillées, avec un éclairage qui laisse voir la circulation sanguine? Au Québec en tout cas, on trouve ça parfait.
Pour les béotiens de l'art, sachez que Jeffrey Silverthorne est un photographe fantastique. Il travaille depuis le début des années 60, mais pour une raison qui m'échappe, il a dû attendre d'avoir 60 ans pour se faire connaître un peu chez nous. La plupart du temps, ses images montrent des travestis, des prostituées, des morts, des gens bizarres et divertissants, des gens tout nus dans des hôtels, et plus récemment, lui-même dans des mises en scène, où il est accompagné de femmes avec lesquelles il rejoue des scènes de la mythologie ou des trucs un peu étranges dans ce genre-là.
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