Un ami à nous est allé à New York il y a quelque temps et nous a raconté l'histoire de ce jeune homme sans-abri, Dutch, qu'il a rencontré en allant chercher du café sur Astor Place, dans East Village. Il faisait des blagues aux passants contre quelques billets de 1$ pour acheter du café aux hippies d'à côté. Ils ont sympathisé et le type au physique de Néerlandais n'a pas tardé à lui avouer son plus grand talent, la construction de châteaux de sable. Et vite, il lui a aussi parlé de sa seconde passion: l'héroïne. Et il en est mort.
Au milieu des années 60, au cœur de ce que beaucoup considèrent comme la plus intense période d'exploration musicale du siècle dernier, Os Mutantes se démarquait en créant un amalgame psychédélique inventif de pop, de rock, de prog et de musiques traditionnelles brésiliennes. Inventant instruments et techniques d'enregistrement, apparaissant costumés à la télévision nationale pour massacrer des chansons censurées par la dictature militaire de droite au pouvoir et accumulant les concerts multimédias scandaleux, le groupe formé en 1966 par les frères Arnaldo Baptista (basse, clavier, voix) et Sergio Dias (guitare et voix) ainsi que la chanteuse Rita Lee est devenu légendaire, et leurs cinq albums sont une référence majeure pour beaucoup de musiciens de Kurt Cobain en passant par Beck, les Flaming Lips et Devandra Banhart. Pour souligner le passage de la formation à Pop Montréal le 3 octobre prochain, on a jasé un peu avec Sergio Dias. Et on était ben trop intimidés pour faire des jokes. C'est sûrement notre entrevue la plus sérieuse de tous les temps.
En 1989, Gavin Watson est passé du statut de «pro de la culture skinhead» à celui de «seul gars au monde capable d’utiliser un appareil photo dans le nuage de E qui a enveloppé l’Angleterre cette année-là». On a parlé à Gavin de cette époque bénie où tu pouvais danser toute la nuit avec une seule pilule, et des photos qu’il avait prises et qui sont rassemblées dans son nouveau livre, Raving '89.
J'ai entendu bien des histoires sur la vie des gens qui vivent sur l'île la plus au nord du Japon, Hokkaido. Cette dernière est tout aussi longue que l'Angleterre et correspond au quart de la superficie des terres du Japon, mais on n'y retrouve que 5% de sa population. Avec ses histoires de colonisation, de répression ethnique, de menaces venues de la Russie et ses goulags japonais de l'ère Meiji, ça semblait être pour moi l'ultime frontière du Japon. J'ai donc réservé un vol vers Hakodate, le port à l'extrême sud d'Hokkaido, loué une voiture et entrepris la route vers le nord. Sur mon chemin, j'ai rencontré des adeptes de la manipulation d'outils électriques, des poteux qui font des sculptures de bois érotiques, des bikers en manque et une quantité apocalyptique de bâtiments abandonnés. J'ai aussi failli me faire kidnapper par des marins russes.
On a envoyé Gab Toug'Fresh au festival MELT, à une heure de Berlin. C'est un genre de festival européen qui rappelle Pop Montréal, dans la vision et la programmation brillante, mais avec plus d'installations weird en métal. On lui a demandé un reportage linéaire et éclairant, mais elle nous a plutôt écrit une lettre d'amour pas mal cute, qu'on n'est par contre pas certains de comprendre. Mais bon, c'est l'été, alors on feel légers.
Le dernier clip des Black Lips vient de sortir et est à l'image du morceau : une tendre virée au coeur de l'Amérique des années 50, où s'entrecroisent voitures décapotables, gants de baseball et boîtes de gâteaux cachées dans les recoins de la cuisine. Toute cette joie est perturbée par le fait qu'il s'agit en fait d'une longue métaphore sur les drogues, mais ça ne vous empêchera pas d'acheter le single qui sort le 2 août sur Vice Records. La face B est une reprise de «I'll Be With You» par Faris Baldwin, de The Horrors, et Cherish Kaya (ex-Ipso Facto) sous le nom Lumina. Tout est sous contrôle.
On ne peut pas vraiment se tromper avec un si grand nombre de punks réunis sur une même scène, surtout dans la chic Sala Rossa. Les Cintres (appellation lourde de sens pour un band de filles), qui ouvrent le bal, sont une joyeuse bande de punk qui ont décidé un moment donné d'acheter les instruments les plus cheap possible dans un pawn shop d'Atlanta et de former un groupe. Maudite bonne idée.
Si
on avait organisé un concours Eurovision de la déchéance, il
ne fait aucun doute que la Russie aurait largement remporté
la palme. Le pire, c’est que la tendance ne date pas d’hier et que
des hommes respectés, comme Dostoïevski ou Gogol, avaient déjà tout raconté
de l’avilissement propre à leurs congénères bien avant l’invention de
YouTube. Alors, pendant assez longtemps, on a cru qu’on n'arriverait
jamais à surpasser les vidéos du gars saoul qui traverse l’autoroute et
se fait exploser la tête à pleine vitesse par une voiture ou celle du
pauvre hippie qui se brise la nuque en tentant un salto dans une fête
locale. Mais on vient de réussir.
Qu'est-ce qui arrive quand vous donnez une bonne critique à un groupe, et puis qu'un gars qui a déjà été dans un autre band avec un d'eux les mentionne dans une de vos entrevues? Ben, le groupe vous fait un beau mixtape pour votre blogue. Les membres de Silk Flowers sortent un record bientôt sur PPM, et vous pouvez écouter des enregistrements live ici, mais en attendant, vous pouvez regarder le beau collage psychédélique qu'ils nous ont fait. Et si c'est pas assez de collages Silk Flowers à votre goût, Avi a fait un zine en pièces détachées avec ses pouvoirs de transposition, que vous pouvez assembler vous-même en suivant les instructions sur le blogue du groupe. Des collages choisis et le mix suivent ci-dessous...
Le mephedrone est
une drogue qu'on peut se procurer sur Internet, à mi-chemin
entre la coke et le MDMA. Utilisée dans les clubs gais depuis
pas mal de temps, elle se répand petit à petit chez les
hétéros. Rien d'illégal là-dedans, et
comme en plus ça ne coûte que 60 livres les six grammes
(soit environ cent dollars), nous avons chargé l'un de nos
pigistes de s'en procurer et de s'en mettre pas mal en arrière du toupette.
L'entretien qui suit à été réalisé
deux jours après sa première ligne et trois heures
après l'arrêt de ses hallucinations et de ses crises de
panique.
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