Au départ, quand on m'a demandé d'écrire pour ce blogue-journal des plus divertissants, je me suis dit que ce serait le temps de faire une entrevue tout croche avec des mauvaises blagues et des malaises dedans. C'était mal connaître l'objet de l'article en question. Freddy Fortune, anciennement des Visigoths, des Covingtons et de Freddy Fortune and the Four-Gone Conclusions, n'est absolument pas le genre d'homme avec qui cet humour fonctionne. Plutôt jovial, passionné et dévoué à la cause de la scène garage sixties, Fortune dégage l'énergie d'un homme qui refuse de vieillir et qui continue à affirmer son excentricité à travers les âges.
Collectionneur, diffuseur, acteur et apôtre de sa scène à Detroit, Fortune roule sa bosse depuis longtemps. Il a maintenant stabilisé son apport musical avec la création du groupe Fortune & Maltese & The Phabulous Pallbearers. Les journalistes sont censés intégrer les questions réponses sous forme textuelle et rapidement digestible. Parce que l'espace pris par un texte, c'est aussi des revenus publicitaires de moins. Vive l'Internet, si vous êtes ici, c'est que ça vous intéresse. Alors, voici l'intégrale!
Vice: Quel est la plus grande icône rock des sixties selon tes goûts très spéciaux?
Freddy Fortune: Je dirais Bobby Fuller! Durant sa courte vie, il a vécu, respiré et s'est complètement immergé dans le rock and roll. Il a rendu la marchandise chaque fois. Fuller gardait toujours des références du passé du rock and roll tout en explorant de nouveaux territoires musicaux. Il a enregistré et publié plus de bonne musique avant sa mort, à 24 ans, que ce que la majorité des musiciens arrivent à faire durant toute leur vie.
Tu fais de la musique depuis un bon moment. Qu'est-ce qui t'a emmené vers la musique et vers cette scène en particulier? On connait tous Detroit Rock City, mais est-ce qu'il y a aussi une grosse scène garage à Détroit?
C'est arrivé vite, c'est quand j'ai entendu «ce» son des années 65-67 via Nuggets, Pebbles, Back from the Grave, the Standells, etc. J'étais accro. Si j'entends un jour quelque chose de mieux, peut-être sera-t-il le temps de passer à autre chose. Ça regarde mal en tout cas.
Détroit, et le Michigan en général, a été un excellent vivier à vulgarité juvénile. Commandez-vous la compilation Scream Loud de Fenton Records et une copie de Best of the Hideouts pour un avant-goût des raisons pour lesquelles cet État était si génial. Quand vous aurez écouté tout ça, sortez de chez vous et allez brûler tous vos albums de MC5, parce que vous n'en aurez plus jamais besoin!
Il y a encore une scène musicale qui a de l'allure à Détroit, mais le terme «garage» a été récupéré et mal utilisé pour décrire ce qui s'est passé ici durant le gros phénomène White Stripes. Y a pas vraiment eu de vraie scène sixties ici depuis les années 1980, quand Hysteric Narcotics et The Gories jouaient tout le temps. Y a aussi eu un petit regain au début des années 90...
Je dois dire que nous avons eu notre part de vraiment bons bands sixties au Québec. Les Sinners, Les Classels, Les Merseys, Les Jaguars... On a aussi un bon petit revival avec la présence de groupes comme Les Breastfeeders, KidSentiment ou Chocolat. As-tu un peu d'amour pour les bands sixties vintage français ou québécois?
Absolument! Le son garage sixties a été reproduit à peu près partout dans le monde! J'attends encore qu'on produise une compilation sur la scène garage d'Antarctique, mais y a eu du bon son qui s'est fait à peu près partout. J'ai déjà échangé pas mal de disques US avec Daniel Fiocco des Incapables et des Séquelles contre des vinyles canadiens-français. Il m'a fait découvrir plein de trucs malades, j'ai probablement plus de disques de garage québécois que n'importe qui à Détroit serait censé en avoir. Mes préférés sont sûrement Les Sinners et Les Lutins.
Ce gars-là, c'est Michel Louvain, un des plus populaires chanteurs et animateurs télé de l'histoire du Québec. As-tu encore le goût de venir?
Bien sûr! Peut-être que tu pourrais nous présenter, comme ça il nous ferait faire le tour de l'Expo 67.
Tu dis que tu ne veux pas être l'ami de bands indie plates sur ton MySpace... Et que le rap, c'est bon pour la poubelle. Y a autre chose que t'aimes pas?
Je suppose que c'est un peu chiant, hein? Mais y a tellement de musique poche! Le public semble être comme un troupeau de moutons, qui a toujours besoin de se faire dire quoi écouter et qu'est-ce qui est cool! J'ai trouvé mes passions, alors pourquoi devrais-je aider à la promotion de trucs que je déteste?
Tu travailles sur une nouvelle baladoémission qui s'appelle Freddy Fortune's Sound Museum... Qu'est-ce qui va se passer là-dedans?
J'ai pensé que ce serait bien de recommencer à faire de la radio. J'avais un show à Ann Arbor au Michigan dans les années 90. Faire un show de radio régulier, ça prend beaucoup de temps et d'engagement. Je me suis dit qu'un balado serait un bon média pour partager ce que j'ai déniché pendant toutes ces années, sans avoir à le faire sur une base régulière. Donc, je vais finalement commencer à le faire. Je planifie aussi faire jouer des nouveaux trucs qui ont été réimprimés dernièrement et faire triper les gens sur des nouvelles parutions dont ils n'ont peut-être pas entendu parler.
Section style: Pourquoi tu penses que les lunettes fumées noires sont si cool?
Pourquoi les poulets n'ont pas de lèvres? Cette question a-t-elle une réponse?
Dans des tounes comme «If Push Comes to Shove» ou «Let's All Go to the Science Fair», dans ce film louche à la Troma, «Pervert!», on trouve à peu près tout ce qu'il y a de l'fun. C'est quoi exactement qui rend les sixties tellement plus malades que les années 2000?
Il y avait une énergie, un style et un plaisir particulier dans les looks et le son qui ne s'est pas retrouvé dans les autres décennies d'après. Je peux juste pas imaginer pourquoi les jeunes d'aujourd'hui regarderaient les années 80 avec une espèce de jalousie en se demandant pourquoi ils n'ont pas vécu durant ces années-là! Je suis certain que ça va aussi arriver avec les années 90. Le fait reste quand même: les décennies suivantes n'avaient pas la magie des sixties. Regarde toute la musique géniale qui a été faite entre 1960 et 1970. Maintenant, compare ça à n'importe quelle autre époque! Il n'y a aucune comparaison possible!
Freddy Fortune. Michael Maltese. Phabulous Pallbearers. Je m'appelle Vincent Lafrenaye Lamontagne. Si je change mon nom pour Lewis et que je mets une perruque à toupet, est-ce que je peux jouer dans ton band?
Garde ton nom comme il est! Ça sonne comme un parfait nom de Pallbearer! Pourquoi tu veux mettre une perruque au juste?
Tous les groupes qui jouent au Wooly Weekend semblent être liés d'une façon ou d'une autre. Qu'as-tu à dire à propos de la programmation du festival?
Ça semble être un lineup fabuleux! Tu peux pas te tromper avec aucun de ces groupes-là! Je dois dire tout de même qu'on va tous être décus que Sky Saxon ne soit pas là! Repose en paix, Sky, on t'aime, man!
VINCENT LAFRENAYE LAMONTAGNE
Fortune & Maltese & the Phabulous Pallbearers, au Théâtre Plaza pour le Wooly Weekend, le samedi 8 août 2009.
bon interview, Freddy Fortune est le roi!
Rédigé par : TEENBEAT TAKEOVER! | 06/08/2009 à 03:36