On se lève gaiment sur le campement mouillé de la veille. Humidité, tu me tra-ver-ses les os. Les dommages sont moins choquants que prévu, même les toilettes sont redevenues fréquentables. On va s’échouer à la plage. Même s'il fait froid, je retrouve l’envie de prendre des photos. Le site tout gris a pris ses airs de Coney Island, Pizza Mario a replié son auvent, le photomaton est resté allumé et les structures de métal géantes continuent de combattre la rouille grimpante. À quelle heure a fini le party, donc? Je sais pas trop, 9h? Midi? À l’entrée du site, le «Sleepless floor» fait office d’open house continuel, toujours possible, donc, de contempler les effets de la MDMA sur l’Allemagne 18-25.
Pour souper, on mange du chinois au gros prix et on est curieux devant Filthy Dukes. Il n’est même pas 19h et déjà les 20 000 amis sont revenus sur le site trimballer leur envie de fêter les bras dans les airs. Ça tombe bien, The Whitest Boy Alive joue sur la grande scène, on retrouve Montréal et on continue de s’émerveiller devant le concept du 2 litres de jus tapé en forme de sacoche. Les Allemands connaissent l’ergonomie de la buverie.
Il paraît que c’est vraiment fou sur la scène de la plage. On arrive et c'est Thunderheist qui joue, on avait presque omis de les inclure dans notre horaire, «on les a vus plein de fois à Montréal…», mais là, ils nous rendent fiers de nos Rocheuses en titi. La foule rebondit les dents serrées, jerk it, jerk it, on ne se tanne pas, finalement.
Je convaincs le John Photographe de venir sourire avec moi devant Animal Collective, on arrive pour la première chanson qui ne finira jamais. Les sons de train s’agencent aux images et je suis au cinéma. Je remets mon capuchon, mes cheveux sont sales, parfait pour les Français qui chantent en anglais. Phoenix vient radicalement m’extraire de mon mood animal.
Qu’est-ce qu’ils font donc, Phoenix, à part jouer leur nouvel album comme des vedettes de la radio et reprendre leurs vieux succès à la manière des Porn Flakes? Il me semble que baisser le son en faisant semblant de remixer l’exquise «If I ever feel better», c’est juste dommage, une grimace pour nous, les fans fidèles qui leur avaient pourtant fait la faveur d’oublier leurs becs de lièvres disgracieux. Œil pour œil, dents pour dents, Phoenix.
Puis vient la grande déesse du MELT, Fever Ray, qui monte sur scène. On ne pense plus à la drogue, on veut aller en Suède en s’accrochant à sa robe. On a soudain l’impression que tout le MELT écoute l’écho de la voix de Karin Dreijer, on se repose et on a envie de pleurer. Le privilège Fever Ray a comblé nos âmes de festivaliers.
On reprend nos envies de drogue dure par les hanches et nous revoici en route vers la plage, arrivés juste à temps pour l’indispensable Neon Knights de nos amours de MSRTKRFT, nous dansons jusqu’à plus soif. Les heures passent comme des secondes et Diplo vient faire son smatte, suivi de près par Drop The Lime. La plage, les beats, la bière et les cris me remettent en mode emo pour de bon. MELT, si tu continues, je meurs.
GABRIELLE TOUGAS-FRÉCHETTE
Photos: JOHN LONDONO
Vraiment excellent cette série de reportages! Bravo à toute l'équipe, il y a de quoi en masse à saliver en lisant tout ça.
Rédigé par : niccc | 07/08/2009 à 19:47
tu vois gab, quand tu mets des photos de toi, le lecteur salive.
Rédigé par : jp | 08/08/2009 à 02:06