Après, j'avoue, ça devient un peu flou. Il y a bien des images fortes qui me reviennent, mais la
chronologie reste à déterminer... United Steel Workers of Montreal qui font capoter la masse de monde paquetée dans le sous-sol du théâtre et qu'on retrouve à chanter des cantiques de Noël communiste au bord du feu...
Un slow dansé sur le beat cheapo-karaoké d'une toune d'Éric Lapointe, par une chanteuse quétaine au chic bar Les Chums... Des tonnes de poutine Morasse... Les Dales Hawerchuck qui pètent ce qu'il reste de tympan à toute la ville en garrochant leur rock déjanté avant une prestation pitoyable de Fu Man Chu, band fini et antipathique (bon, une erreur; ça arrive même aux meilleurs, t'sais...) Des repas de journalistes, des blagues de journalistes, des remarques de journalistes qui trouvent «qu'ils travaillent, eux autres», et qui se demandent comment je tiens encore debout... O'Death qui débarque de New York pour faire lever deux soirs en ligne un party d'enfer dans le El Paso avec son folk-punk-juif de fond de bouteilles VRAIMENT énergique... Voir le soleil se lever, encore... La gang de Beast qui couche tout le monde après avoir mis le feu au cabaret (photo à l'appui...)
L'hystérie de quelques animateurs de CFME, la radio du festival; l'un, en particulier, dont on retrouvera la carcasse défoncée sur une table de pique-nique au matin... Elvis Perkins et son somptueux concert folk sous l'oeil impressionné de quelques métalleux attendant fébrilement leur grande soirée.
Tout ça pour dire que je ne manquerai plus jamais le FME, LE festival de musique le plus explosif au Québec, à dix mille lieues des foules frettes des rues montréalaises et de l'agression corporative d'autres événements servant plus de prétexte publicitaire que de vrais sanctuaires de dépravation. Je confirme: l'Abitibi sait recevoir, organiser le party, fêter plus tard et plus fort que tout le monde. À Rouyn, le public est dense et allumé, les musiciens capotent et donnent le max, les organisateurs s'occupent de leurs invités comme une mère de ses amants, le paysage est à couper le souffle et toutes les bonnes choses que Dieu nous offre pour se péter la tête en quatre sont à volonté. Je reviens de quatre jours au jardin d'éden, des pique-bois donnent le tempo d'une sérénade post-punk au creux de mon crâne, je suis sale, lessivé, épuisé. Bref, je suis prêt à y retourner n'importe quand.
JP TREMBLAY
On a envoyé notre reporter à l'étranger dans les contrées
lointaines de l'Abitibi pour couvrir le FME, ce fabuleux festival qui
réunit tous les musiciens et journalistes de Montréal ailleurs qu'à
Montréal, pour un festival de 5 jours où tout le monde dort dans le
même camp pour «apprendre à se connaître». On a publié son compte-rendu en trois parties. Vu que c'est un poète et qu'on l'aime ben, on le laisse même finir toutes ses phrases par des «...» Pour lire sa première entrée, cliquez ici, et pour lire sa deuxième, cliquez là.
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Rédigé par : DEJESUS31Sandy | 25/05/2010 à 08:03