L'autre jour j'étais en train d'écouter plein de vieux morceaux de rap français qui datent de l'époque où j'étais au collège. Au début, j'ai commencé avec des trucs biens qui passaient pour la plupart dans les émissions de radio spécialisées, tard dans la nuit. Du vieux X-Men, les morceaux pré-Mauvais Oeil de Lunatic, Expression Direkt, quelques morceaux des compilations Hostile et L 432... bref, je me la racontais. Puis lentement mais sûrement, ma liste de lecture a basculé vers les trucs que j'écoutais vraiment en 1998, époque où il n'était pas rare de me voir surgir de la « jungle urbaine » en jogging Ellesse (pourpre). Et j'ai du me rendre à l'évidence : mes goûts d'avant n'étaient pas si merdiques que ça.
Ouais je sais, aimer le rap d'Atlanta est une idée qui renvoie à des années-lumières, quand les casquettes de baseball fleurissaient sur les têtes des jeunes bboys blancs d'internet dansants sur le sol moite du club des Grands Boulevards le Tryptique. Je suis d'accord avec vous, Jeezy c'était mieux avant, Lil' Jon est cramé et D4L ça a toujours été naze. Outkast sont devenus gays. Et OK, Gucci Mane rappe aussi bien que Mr. Xavier des Svinkels. Pourtant le seul vrai bon rookie du rap en 2009 vient de là-bas, est pote avec Gucci et fait preuve de bien plus de stupidité que tous les types sus-cités. OJ Da Juiceman est le mec le plus intéressant du rap américain.
Après avoir été dealer d'héro pêcheur (ci-contre) et résurrection thug du Jason de Vendredi 13, Ghostface Killah a encore eu une idée embarrassante. Ce bon vieux Tony Starks a décidé de tourner un clip porno soft, mettant en scène des personnages féminins lubriques qui prennent un malin plaisir à s'attacher, se fouetter et faire des grimaces.
On m'a montré cette vidéo de gangsta rap guadeloupéen la semaine dernière, et à défaut d'avoir le MP3, je suis obligé d'écouter le morceau sur Dailymotion. Du coup, j'ai pris goût au clip, que je connais par coeur depuis. C'est assez baisé. Les mecs ont des bandanas à leurs couleurs (des sortes de crips des îles), posent devant leurs slums de type quart-monde, ramènent des enfants pauvres et roulent des gros joints d'herbe en faisant des signes de ralliement relativement thugged-out - ce que les connards appellent des "fingertricks". Et alors que cet amalgame de clichés ghetto auraient pu donner lieu à un clip de mauvais rap français semi-caillera, ici les mecs ont vraiment l'air d'être sérieux. On dirait un morceau de Crime Mob avec des mecs qui parlent créole. Le morceau s'appelle Yenki Chien Ki La (toute traduction est la bienvenue), et les types ont des noms débiles du genre "MDG" ou "Toshman". La vidéo est en dessous.
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